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Rue Eaux de Robec

Posté par rouen1900 le 16 mars 2015

Rue Eau de Robec 3     Rue Eau de Robec 2     Rue Eau de Robec 1     Rue Eau de Robec 1 (détail)

La rue Eau de Robec doit bien sur son nom à la rivière, le Robec, dont elle suit le cours entre le Boulevard Gambetta, qui occupe l’emplacement de l’ancien rempart et la Place du Lieutenant Aubert, autrefois appelée Place des Ponts de Robec. Elle est coupée en deux par la Place Saint Vivien.

Le Robec prend sa source à Fontaine sous Préaux, traverse Saint Martin du Vivier, Roncherolles du Vivier, Darnétal, le Faubourg Saint Hillaire de Rouen ou il mélange ses eaux à celles de l’Aubette et enfin Rouen intra-muros. Là il passe par la Rue Eau de Robec, la Place des Ponts de Robec, s’engouffre dans les moulins situés en arrière des rues Damiette et Malpalu et se jette enfin dans la Seine approximativement face à la pointe de l’ile Lacroix.

Dans son précis sur l’Histoire de Rouen, Théodore Licquet, précise en 1827, que la rivière « met en mouvement trente moulins à blé, un à huile, trois à papier, trois à alizari et à indigo, un à tan, quatre à fouler et à presser les étoffes. Elle alimente en outre dix-huit filatures et quatorze imprimeries de toiles peintes, sans parler des teintureries, toujours nombreuses, établie sur toute la longueur de son cours. »

C’est justement par des teinturiers que la rue Eau de Robec était, jusque dans les années 1880, en grande partie, occupée. Leurs maisons présentaient un « grenier-étente » : une avancée importante du toit sur la rue protégeait le dernièr étage, ouvert sur la rue et dans lequel les draps étaient mis à sécher. Pour gagner de la place ses greniers étaient prolongés par des « pentheurs » (de grandes perches en bois) sur les quelles était mis à pendre, au dessus de la rivière, le coton ou les étoffes . 

Au XVIème siècle, l’historien normand Charles de Bourgueville écrit : « Aucunes fois jaunes, aultres fois rouge, verte, bleue, violée et autres couleurs, selon qu’un grand nombre de teinturiers qui sont dessus la diversifient par intervalles, en faisant leurs manœuvres. »

Jules Adeline, qui naquit dans cette rue en 1845, nous précise cette description : « Les teinturiers rouennais contribuaient à donner à la vieille rue un aspect tout spécial. Toutes leurs maisons, surtout du coté de l’eau, disparaissaient sous les grandes pièces de toiles suspendues à des perches s’avançant dans le vide. D’une hauteur de trois à quatre étages, les immenses et larges rubans, descendant, remontant et descendant encore, se superposaient comme des feuilles d’un livre, projetant sur les rez-de-chaussée une ombre opaque et lugubre, même en plein midi. »

Gustave Flaubert qui habita la rue lorsqu’il fréquentait le Lycée Corneille, en livre, dans Madame Bovary, une image encore plus sombre : « La rivière, qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite Venise, coulait en bas [...], jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis au bord, lavaient leurs bras dans l’eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l’air. »

A partir des années 1880, la rue fut occupée par les antiquaires et les brocanteurs. Ces derniers recouvraient la rivière de planches sur lesquelles ils étalaient leurs marchandises. C’est cet aspect de la rue qui est le plus souvent visible sur les cartes postales anciennes.

Pour des raisons de salubrité on décida la démolition de toute une série de maisons au sud de la rue entre la rue du Ruissel et la rue de la Grande Mesure (de nouveaux immeubles seront reconstruit à cet emplacement en 1966). Pour les même raisons de salubrité, le Robec fut détourné en 1938 (les travaux s’achevèrent en 1941) et passe désormais sous le Boulevard Gambetta.

En 1975 une nouvelle série de maisons au sud de la rue entre le Boulevard et la rue Lamauve fut détruite pour permettre l’agrandissement de l’Hôpital Charles Nicolle.

Malgré ces destructions, la Rue Eau de Robec garde un caractères des plus pittoresque, notamment dans sa partie ouest ou depuis 1983 un ruisseau artificiel court en circuit fermé. Les maisons à pan de bois y sont toujours légion. Certaines sont remarquables notamment au N°185, celle dite « des Quatre fils Aymon » ou « des Mariages », qui abrite aujourd’hui le Musée de l’Education ou encore celle du N°186 qui présente une gravure figurant un cheval sans cavalier semblant sortir d’un bois pour regagner le château où se trouve peut être son écurie…. C’est par ailleurs dans une de ces maisons à colombages, au N°245, qu’est né en 1768 le chimiste et physicien Edouard Adam.

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