Ferdinand Marrou

Posté par rouen1900 le 14 février 2015

Merci à Henri Joannet pour la rédaction de cet article.

.

Petit berger né dans le département des Hautes Alpes en 1836, Ferdinand Marrou perd sa mère à l’âge de 7 ans et est placé à 10 ans comme apprenti auprès d’un ferblantier à Serres (05), puis formé à la ferronnerie dans des ateliers de Lyon et Paris.

Appelé à Rouen en 1863 par l’armateur Jean Depeaux qui l’aide à installer son propre atelier, il collabore à l’embellissement de la ville dont l’activité est en plein essor. L’essentiel des ouvrages est tourné vers le décor d’architecture et en particulier le décor de toiture. Leur exposition aux intempéries et la guerre auront raison de certaines œuvres que les cartes postales anciennes font revivre à nos yeux.

tour jeanne d'arc    clochetons Marrou    clochetons Marrou detail

Il devient célèbre dans son art à Rouen à partir de 1874 où il réalise l’épi de faîtage formant girouette de la Tour Jeanne d’Arc.

De 1875 à 1882, il s’attèle au chantier de construction des quatre pinacles qui entourent la flèche de la cathédrale. Chacun fait 15 mètres de haut et pèse 27 tonnes. La beauté et l’importance de ce travail minutieux se sont trouvées à la pointe de l’actualité lorsque l’un de ces quatre clochetons s’est écrasé sur le toit de la cathédrale lors de la tempête de décembre 1999.

gros horloge    marrou gros horloge    Saint Romain

Ferdinand Marrou a réalisé en 1892 le décor du toit en fer de hache de la Tour de l’Horloge.

Le clocher de l’église Saint Romain sort de son atelier.

ancienne gare rue verte    maison marrou    jeanne d'arc bonsecours

Quel Rouennais ne connait pas sa maison située Rue Verte près de la gare ? Elle a été terminée en 1890.

À Bonsecours, il construit les coupoles du monument commémoratif en hommage à Jeanne d’Arc.

Pour la basilique, il réalise les ornements du faîtage et la statue de la Vierge qui a été déposée depuis. 

palais de justice    café victor

La toiture du Palais de Justice et les ornements de celle-ci, détruits lors des bombardements de la 2e guerre mondiale, ont été fabriqués dans l’atelier de Marrou.

Il ouvre une agence au 70 rue Saint Romain. Certains décors subsistent encore aujourd’hui !

Notre ferronnier façonne les marquises de l’hôtel d’Angleterre et du café Victor (au rez de chaussée du Théâtre des Arts, Quai de Paris) ainsi que diverses ornementations en métal repoussé, s’attirant les félicitations des journaux locaux de l’époque.

En 1913, Ferdinand façonne le couvercle et la potence des fonts baptismaux de la cathédrale de Rouen.

Marrou exécute une plaque en l’honneur de Jeanne d’Arc, place du Marché. L’examen minutieux des multiples cartes postales éditées sur les halles révèle une évolution dans sa réalisation.

Il exécute les tombeaux de riches commanditaires toujours visibles au grand cimetière et aura le souci de façonner le sien avant de décéder en 1917. Ses obsèques seront l’occasion pour les Rouennais de lui rendre l’hommage qu’il méritait. Aujourd’hui une rue porte son nom.

Son œuvre n’est pas cantonnée qu’à Rouen et uniquement par des travaux de décor de ferronnerie. Il a réalisé des chandeliers, des décors de glace, des lampadaires, des coupes, etc.

Cet artiste ferronnier savait mieux que personne en son temps marteler le fer mais aussi les autres métaux. Malheureusement, il a exercé ses talents à la fin du XIX e siècle, avant que n’éclose l’Art Nouveau, ce qui donnait à ses travaux un coté passéiste à cette époque.

Il était l’ami de Gustave Flaubert et a très probablement croisé un personnage haut en couleurs, le dénommé Mérovack.

Il est présent par ses travaux à l’Exposition universelle de Paris en 1899 et en 1900.

À Fécamp, sous l’impulsion d’Alexandre Le Grand, directeur de la Bénédictine, avec l’architecte Camille Albert, il participe à la construction du Palais-usine de la célèbre marque d’alcool. Une superbe fontaine avec laquelle il a obtenu la médaille d´or à l´Exposition de Paris en 1889, est également présente à Fécamp.

.

.

Pour en savoir plus sur cet artiste ferronnier de Rouen :

  • procurez, vous après de la librairie de la cathédrale, le petit livre que lui consacre Henri Joannet;
  • visiter le site de la société Adhéno chargée de la restauration et de la repose des quatre clochetons de la Cathédrale.

.

Publié dans Personnages Rouennais | Pas de Commentaire »

Cadran du Gros Horloge

Posté par rouen1900 le 12 février 2015

gros_horloge2

Le cadran du Gros Horloge nous renseigne sur trois éléments de l’éphéméride.

Tout d’abord en haut, une sphère métallique, moitié noire moitié argentée, nous indique la phase de la Lune.

Au centre une aiguille unique nous indique l’heure. Il est a noter que sur le précédent cadran (détruit en 1527) l’aiguille était fixe et c’était les heures qui tournaient…

Enfin la partie inférieure du cadran indique de façon allégorique le jour de la semaine de la manière suivante :
- lundi : char de Diane tiré par des cerfs et accompagné de chasseurs ;
- mardi : char de Mars tiré par des louves ;
- mercredi : char de Mercure tiré par des coqs et accompagné de guerriers, de peintres et de commerçants ;
- jeudi : char de Jupiter, tiré par des aigles et accompagné d’un cardinal, de docteurs et de moines ;
- vendredi : char de Venus, tiré par des cygnes et accompagné par des musiciens et des amoureux ;
- samedi : char de Saturne, tiré par des griffons, et accompagné de moissonneurs et de vendangeurs ;
- dimanche : char d’Apollon, tiré par des chevaux, et accompagné de cavaliers de cardinaux et d’évêques.


Pour en savoir plus : le Gros Horloge.

Trouver d’autres cartes du Gros Horloge sur Delcampe.

Publié dans Monuments Civils | Pas de Commentaire »

Histoire des Fontaines

Posté par rouen1900 le 10 février 2015

numérisation00071     numérisation0007

L’alimentation des villes en eau potable a toujours été un enjeu essentiel. Le Livre des Fontaines que Jacques le Lieur rédigea (ou devrais-je dire dessina) nous renseigne très précisément sur le dispositif mis en place à Rouen au XVIème siècle.

La source Gaalor, exploitée depuis l’époque Gallo-romaine, émerge au pied de la côte du Mont aux Malades, près de l’actuelle rue Bouquet et fournit 400 m3 par jour. Ses canalisations desservent les fontaines du Château, de Saint Lo, de la Crosse, du Marché Neuf (aujourd’hui place du Maréchal Foch), de Sainte Croix des Pelletiers, du Gros Horloge, de Saint Cande, et enfin celle des Cordeliers. A noter que le surplus de cette source donne naissance à la Renelle, un petit ruisseau qui dévale vers la Seine, sur le tracé approximatif de notre actuelle rue Jeanne d’Arc.

En 1500, sous l’influence du Cardinal d’Amboise, on décide la captation de la source Carville, au pied du plateau du Roule. 1200 m3 sont chaque jour acheminés par un aqueduc de trois kilomètres entre Darnetal et la Porte Saint Hilaire. Cette source dessert les fontaines des Célestins, des Clarisses, de la Croix de Pierre, de Sainte Croix Saint Ouen, de Saint Maclou, des Augustins et enfin celle de l’Archevêché.

En 1510, grâce à un prêt octroyé à la municipalité par Guillaume le Roux, propriétaire de l’Hôtel de Bourgtheroulde, on entreprend d’utiliser les sourcins qui apparaissent en contrebas de la rue du Renard. La source d’Yonville avec un débit de 260 m3 par jour alimente les fontaines du Vieux Marché, de la Pucelle, de Saint Vincent, des Cordeliers (déjà desservie par la source Gaalor) et celle de Lisieux.

A ces trois sources décrites dans le Livre des Fontaines s’ajoutent la source Notre Dame, qui appartient aux Chanoines, et qui alimente la fontaine sur Parvis de la Cathédrale et la source Saint Nicaise, qui exploitée plus tard, alimentera la Fontaine du Plat, celle de l’Hôtel de Ville et le jet d’eau du Jardin.

Au fil des ans d’autres fontaines verront le jour : celles de Saint Romain, du marché aux Fleurs…

Beaucoup plus tard on érigera la Fontaine Sainte Marie (assise sur un réservoir d’eau potable toujours utilisé aujourd’hui) et quelques fontaines plus décoratives que fonctionnelles comme celles de Louis Bouilhet ou de Jean Baptiste de la Salle.

.

Pour en savoir plus sur le Livre des Fontaines et ses formidables illustrations : le site des Bibliothèques de Rouen.

Trouver des CPA des fontaines de Rouen sur Delcampe.

 

Publié dans Fontaines | Pas de Commentaire »

Pont Transbordeur

Posté par rouen1900 le 8 février 2015

Merci à Noël du Blog du Papivore pour la rédaction de cet article.

w_QOCvzHyBMMlII0-tG_Gvqu5UQ

Le pont-transbordeur de Rouen (1899-1940), œuvre de l’ingénieur Ferdinand Arnodin fut, jusqu’en 1940, le dernier ouvrage d’art à franchir la Seine avant son estuaire. Il permettait la traversée du fleuve au moyen d’une nacelle, à hauteur de l’actuel pont Guillaume le Conquérant.

Ses dimensions: 143 mètres de long, sa hauteur de 70 mètres et son tirant d’air de 51 mètres permettaient aux grands voiliers de remonter jusqu’aux quais extrêmes du port maritime de Rouen.

L’ouvrage de type suspendu semi-rigide à tablier rectiligne et haubans d’ancrage à terre situés en dehors des emprises du pont, recevait un charriot porteur reposant par des galets sur deux rails soutenus par les poutres du tablier et supportait une nacelle de 130 m², pouvant recevoir une charge utile de 15 tonnes.

L’installation motrice fonctionnait sur le principe du touage, le treuil étant actionné par deux moteurs électriques.

Les dimensions de la nacelle étaient importantes. Elle mesurait près de 13m de large. Elle pouvait contenir jusqu’à 200 personnes. 2 à 6 véhicules pouvaient également y prendre place. Il y avait deux classes : la première, à droite était abritée dans une cabine vitrée, la seconde, à gauche était en plein vent. Pont privé, géré par Arnodin puis ses héritiers, il était à péage (10 cts en 1ère classe, 5, en seconde en 1920)

Premier pont-transbordeur en France, il fut aussi le premier détruit le 9 juin 1940 à l’approche des troupes allemandes.

NWN8piiQICR9BaH8KRVktMVSVU0          YZtdMYHj706TyOLwZKn-iZDVgb0

.

Pour en savoir plus sur le Pont Transbordeur : Le site de Jacques Tanguy.

Pour en savoir plus sur les autres ponts : Histoire des Ponts de Rouen.

Trouver d’autres cartes des ponts de Rouen sur Delcampe.

.

Dernières Nouvelles (de 1900 !) :

« Un grave accident, qui a ému un certain nombre de personnes, s’est produit hier, vers deux heures de l’après-midi, au pont transbordeur. Un passager, nomme Alphonse Caron, âgé de vingt-trois ans, couvreur, demeurant rue de la Rose, 40, se disposait, au moment de l’accostage, a débarquer sur le quai de la rive gauche, quand par suite d’un mouvement de va-et-vient de la nacelle, il a eu le pied gauche pris entre le pont et le quai. Ce malheureux a eu la jambe fracturée auprès de la cheville et a dû être transporté à l’Hôtel-Dieu, où il a été admis d’urgence. »

Journal de Rouen du 9 janvier 1900.

.

Publié dans Ponts, Quais et Port | 1 Commentaire »

Musée des Antiquités

Posté par rouen1900 le 6 février 2015

musee antiquites 1     musee antiquites 2

Le Musée des Antiquités, fut créé en 1831, notamment pour abriter les objets découverts sur le site du théâtre antique de Lillebonne.

L’un de ses premiers conservateurs fut l’Abbé Cochet, qui révolutionna l’archéologie en mettant en évidence l’importance de  l’examen des objets en place, dans leurs contextes d’origines, afin de mieux comprendre l’histoire des sites de fouilles.

Le Musée occupe les bâtiments de l’ancien couvent des Visitandines, construit entre 1680 et 1691, qu’il partage avec le Muséum d’Histoire Naturelle.

Outre les collections d’archéologie grecque, gallo-romaine, mérovingienne et médiévale, le Musée des Antiquités conserve certaines façades de maisons à pans de bois démontées pendant les grands travaux d’urbanisme de la seconde moitié du XIXème siècle, ainsi que de nombreuses statues d’anciennes églises de Rouen.

Dans la cour du musée on remarquera également l’ancienne Fontaine de la Croix de Pierre démontée en 1872 ainsi, qu’à l’entrée du square, du coté de la rue Ricard, l’ancien porche du couvent des Clarisses, qui y a été remonté.

.

Pour en savoir plus sur le Musée des Antiquités :
http://www.museedesantiquites.fr/

Trouver d’autres cartes du Musée des Antiquités sur Delcampe.

.

Dernières Nouvelles (de 1900 !) :

« Des objets de grande valeur, des monnaies précieuses, et surtout une collection locale renommée, connue des antiquaires sons le nom de « trésor de Cailly » ont disparu.
Ce vol a été commis dans la nuit de lundi à mardi avec une stupéfiante audace et dans des circonstances que certains indices ont permis a l’enquête d’établir d’une façon certaine.
Mardi matin à la première heure, le concierge du musée venait ouvrir la porte du jardin donnant sur la rue de la République. A sa vive surprise, il constata que le verrou et la chaîne servant à le maintenir entre les barreaux étaient tombés sur le sol et brisés. Comme nous sommes en temps de carnaval, il crut à une mauvaise plaisanterie de noctambules et n’y attacha pas autrement d’importance. Ce n’est que vers neuf heures et demie, au moment d’ouvrir au public les portes du musée, que certaines remarques le frappèrent ; il trouva notamment dans l’une des salles des bouts d’allumettes aux trois quarts consumées ; il y en avait un peu partout, sur le sol ou sur des vitrines. Il examina alors avec plus d’attention et s’aperçut que l’une des vitrines avait été forcée et qu’à l’intérieur plusieurs monnaies manquaient.
D’autres vitrines se trouvaient dans le même état. Il n’y avait plus de doute ; des cambrioleurs avaient passé par là pendant la nuit.
M. Gaston Le Breton, conservateur du musée, fut immédiatement avisé et la police prévenue.
On ne tarda pas à être fixé sur l’importance du vol et à établir quelles étaient les pièces qui avaient été enlevées. En voici la liste :
1° cinq médailles en or d’empereurs romains et une dizaine en argent ;
2° Le trésor de Cailly : neuf médailles en or, un petit collier de même métal et deux bracelets également en or ;
3° Une bague en or de l’époque mérovingienne ;
4° une médaille en or de Henri V d’Angleterre, frappée à Rouen pendant l’occupation anglaise ;
5° Une dizaine de pièces à l’effigie des rois de France, allant de François Ier à Louis XIV ;
6° Un calice en argent doré, de 1582.
La perte de la plupart de ces objets n’a qu’une importance relative ; il n’en est malheureusement pas de même pour ceux qui formaient le trésor de Cailly, composé de pièces dont la découverte avait eu du retentissement. »
.
Journal de Rouen du 22 mars 1900.

Publié dans Musées | Pas de Commentaire »

1...1617181920...22
 

Pépé à la guerre Mémé à l&#... |
Quatriemea |
L'histoire et les lége... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mesfanfic1
| Timzeer
| Pierrelesoumis