Tour de Beurre

Posté par rouen1900 le 28 juillet 2015

Tour de Beurre

La Tour de Beurre, au sud la façade occidentale, est beaucoup plus récente (prés de quatre siècles) que la Tour Saint Romain au nord. Sa première pierre fut, en effet, posée le 10 novembre 1485 sous l’archiépiscopat de Robert de Croismare. Les travaux furent confiés à Guillaume Pontif, remplacé onze ans plus tard par Jacques le Roux qui les achèvera en 1506.

Son nom viendrait de la pierre utilisée pour sa construction, la pierre de Saint Maximin dans la vallée de l’Oise, dont la couleur jaune tranche avec celle de la pierre de Caumont, plus blanche, utilisée pour le reste de l’édifice. Une autre hypothèse plus rependue réside dans le mode de financement de cette construction : les habitants de Rouen avaient obtenus le droit de manger du beurre pendant le Carême en contrepartie d’une aumône destinée à l’érection de la Tour. Cette explication est également privilégiée pour expliquer la dénomination de la Tour de Beurre de Bourges.

D’âpres débats avaient agité le chapitre au sujet de la construction d’une flèche ou d’une couronne. Fidèle au style gothique flamboyant, la tour fut finalement coiffée d’une couronne octogonal, ponctuée de pinacles, qui tranche sur le plan carré des quatre niveaux inférieurs.

Un léger affaissement de terrain fit pencher cette nouvelle tour de quelques degrés vers le sud. Si ce fléchissement est peut visible sur la tour elle-même, il justifia cependant la reconstruction totale du portail central de la cathédrale.

Construite hors d’œuvre, à l’extérieur du collatéral sud, la base de la tour accueillait l’église paroissiale Saint Etienne de la Grande Eglise.

En 1923, à Chicago, la Tour de Beurre inspira la construction de la Tribune Tower.

.

Trouver d’autres CPA de la Tour de Beurre sur Delcampe.

Publié dans Cathédrale | Pas de Commentaire »

Chapelle de la Vierge

Posté par rouen1900 le 4 juin 2015

Chapelle de la Vierge

La chapelle de la Vierge est la chapelle axiale de la cathédrale. Achevée vers 1310, elle est formée de trois travées droites et d’une abside à cinq pans.

Elle abrite, à son chevet, un autel et un retable en bois sculpté et doré de Jean Racine datant du milieu du XVIIème siècle, orné d’une Adoration des Bergers, due à Philippe de Champaigne.

On y trouve également de nombreux tombeaux : l’enfeu de Pierre de Brézé grand sénéchal d’Anjou, de Poitou et de Normandie mort en 1465 ; le mausolée monumental des cardinaux d’Amboise, réalisé en 1516 et représentant les orants de Georges d’Amboise et son neveu Georges II d’Amboise ; le tombeau et le transi de de Louis de Brézé, sénéchal de Normandie mort en 1531; le gisant du cardinal prince de Croy et l’orant du cardinal de Bonnechose tout deux archevêques de Rouen respectivement de 1824 à 1844 et de 1858 à 1883.

Publié dans Cathédrale | Pas de Commentaire »

Les Trois Suisses

Posté par rouen1900 le 20 mai 2015

Trois Suisses

Au début du XXème siècle, nombre d’églises étaient encore confiées à la surveillance de gardes suisses. Si ces derniers n’étaient pas natifs de la confédération helvétique ils avaient néanmoins emprunté une partie du costume et des armes de ses soldats : chaussures à boucles, bas et culottes courtes gris-bleus, gilet rouge brodé de fils d’or, épaulettes, bicorne à plumet, dans la main droite une haute canne à gros pommeau de cuivre et dans la gauche, selon les cas, pertuisane, hallebarde ou épée.

Le suisse conduisait les cortèges et les processions en frappant le sol de sa canne à chaque pas. Dans l’église il plaçait les membres de l’assistance, dirigeait les aspects pratiques des cérémonies et faisait régner l’ordre et le silence dans les rangs des fidèles. En dehors des offices il jouait un peu au guide touristique…

A Rouen plusieurs églises avaient leurs Suisses comme Saint Ouen par exemple.

Le 13 octobre 1892, le Journal de Rouen relate la mort de l’un d’entre eux : « Le vieux Suisse de Saint Godard, M. Alexandre Lecroulant, a été trouvé mort dans son domicile, rue Bouvreuil, hier, vers deux heures de l’après midi. Il avait succombé dans la nuit à un mal subit. Tout le monde, à Rouen, connaissait ce vieillard. Il y avait bien près d’un demi siècle qu’il portait la hallebarde aux cérémonies religieuses de Saint Godard. »

La Cathédrale, quant à elle, n’avait pas un Suisse : elle en avait trois. Ceux sont eux qui figurent sur cette carte.

Dans Madame Bovary, Flaubert nous décrit l’un d’entre eu : « Le Suisse, alors, se tenait sur le seuil, au milieu du portail à gauche, au-dessous de la Marianne dansant, plumet en tête, rapière au mollet, canne au poing, plus majestueux qu’un cardinal et reluisant comme un saint ciboire. Il s’avança vers Léon, et, avec ce sourire de bénignité pateline que prennent les ecclésiastiques lorsqu’ils interrogent les enfants : Monsieur, sans doute, n’est pas d’ici ? Monsieur désire voir les curiosités de l’église ? »

Publié dans Cathédrale, Personnages Rouennais | Pas de Commentaire »

Façade Occidentale de la Cathédrale

Posté par rouen1900 le 2 mai 2015

Portail Cathédrale 1     Portail Cathédrale 2
La façade occidentale de la Cathédrale de Rouen est encadrée au nord par la Tour Saint Romain et au sud par la Tour de Beurre.

Elle s’ouvre sur trois portails : a gauche le portail Saint Jean, à droite le portail Saint Etienne, et au centre le portail principal dédié à Notre Dame.

Au dessus du portail principal se trouve une rosace entourée d’une triple rangée de statues.

Le sommet de la façade est achevé par quatre pinacles, dont deux ne datent que du début du XXe siècle et sont absent du premier cliché.

Dans les années 1890, Claude Monet peindra une série de trente toiles représentant cette façade à différentes heures et par différents temps. Roy Lichtenstein revisitera ces toiles dans une version Pop Art.

Publié dans Cathédrale | 1 Commentaire »

Fleche de la Cathédrale

Posté par rouen1900 le 14 avril 2015

Fleche de la Cathédrale

La Cathédrale romane, qui fut détruite par l’incendie de 1200, possédait déjà une « pyramide de pierre » construite selon la volonté de Maurille, archevêque de 1055 à 1067.

La Cathédrale gothique construite a partir de 1200, était pourvue d’une tour lanterne à la croisé du transept sur laquelle fut élevée dès l’origine une flèche en bois recouverte de plomb, appelée « la tour grêle » ou « l’aiguille ». Peu d’information nous sont parvenues sur cette flèche. Dans sa Chronique des archevêques de Rouen, Jean Dadré note qu’elle était « d’une pique ou de quinze pieds plus haute que celle qui vient d’être incendiée« . Elle était par ailleurs surplombée d’une croix de fer et d’un coq qui, tous les deux, furent renversés lors d’un ouragan en 1353, et remontés l’année suivante. Le 4 octobre 1514, lors de travaux de restauration, l’incendie se déclara dans la tour grêle qui fut entièrement ravagée.

Les travaux de reconstruction furent confiés à Roulland Le Roux qui venait d’achever l’Hôtel de Bourgtheroulde. Celui-ci construisit un nouvel étage à la tour lanterne (avec, dit-on, une statue le représentant à l’angle sud-ouest) mais son projet de flèche en pierre fut abandonnée après maintes tergiversations et la probable survenance de difficultés financières.

Faute de flèche c’est dont une sorte d’appentis en bois qui vînt coiffer la tour durant une trentaine d’années. Celui-ci est visible sur la Grande Vue du Livre des Fontaine de 1525.

Livre des Fontaines

Les travaux reprirent finalement en 1542 sous la direction de Robert Becquet et grâce aux fonds de Georges II d’Amboise. Cette « pyramide », comme on la nomma alors, fut terminée en 1544. Construite en bois et recouverte de plomb doré elle mesurait un peu plus de 35m et était, elle aussi, surmontée d’une croix de fer de près de 5m et d’un coq. L’ensemble s’élevait alors à près de 121m du sol.

La pyramide vécu plus de deux siècles et demi. Elle résista à la foudre en 1625, 1627 et 1642. Elle survécu aussi aux débuts d’incendie causés par les travaux des charpentiers et des plombiers en 1713 et 1727.

En 1804 on dut entreprendre des travaux pour en reprendre l’assise. Malgré tout, la flèche n’était plus d’aplomb et s’inclinait vers le sud-ouest… Mais, au matin du 15 septembre 1822, à 5 heure, la foudre s’abattit sur l’édifice ! La flèche fut entièrement consumée dans cet incendie qui heureusement ne fit pas de dégâts irréparables sur le reste de la Cathédrale. Les témoins évoquèrent le plomb fondu qui, vomi par les gargouilles, ruisselait dans les rues alentour…

L’architecte Jean-Antoine Alavoine fut choisi pour la reconstruction de l’édifice. En 1823 il présenta ses premiers projets d’une flèche en fonte, retrouvant ainsi un matériaux qu’il avait déjà utilisé sur la Cathédrale de Sees en 1817.

Les travaux débutèrent en 1827 par la reprise de la maçonnerie sur la tour lanterne et le coulage des pièces chez Martin Duval, maître des forges de Conches. Deux ans plus tard, le Cardinal Prince de Croÿ, archevêque de Rouen, bénit les premières pièces de fonte, qui furent dés lors posées sans plus attendre.

Quand Alavoine mourut le 14 novembre 1834, les trois premiers niveaux de la flèche étaient achevés et les pièces des deux derniers étages étaient dors et déjà fondues. Le chantier fut officiellement repris par l’architecte Dubois secondé par Pinchon, ancien assistant d’Alavoine. En pratique cependant seul Pinchon, lui même assisté de son fils, travailla effectivement à l’édification du monument.

Les critiques qui accompagnaient la construction depuis la présentation du projet en 1823, se firent de plus en plus âpres. Le bulletin des Amis des Monuments Rouennais site en 2000, le journal de Melle Bauche dans lequel celle-ci écrit en 1838 : « Une flèche en fer remplacera celle que la foudre a renversée. Elle est déjà parvenue à une grande hauteur ; et cependant elle n’a pas encore atteint celle qu’on lui destine, et qui surpassera de beaucoup l’ancienne. Mais si elle a l’avantage sous ce rapport, je doute fort qu’elle l’égale jamais en grâce et en élégance. Elle a quelque chose de nu, de raide, qui est désagréable à la vue. On dit qu’elle doit être environnée de clochetons qui la feront paraitre moins grêle. Peut-être nos neveux la trouveront-ils très belle ; mais moi qui ai vu la première, je doute fort que celle-ci me la fasse jamais oublier. »

On commença également à remettre en cause les calculs d’Alavoine : la flèche en fonte n’était-elle pas trop lourde pour être supportées par la tour lanterne ? Des spécialistes se penchèrent sur la question et conclurent aux mêmes résultats que ceux auxquels avait aboutit l’initiateur du projet.

La révolution de 1848 provoqua la suspension du chantier qui, bien que tournant au ralenti depuis plusieurs années pour des raisons financières, était au trois quart achevé. Le lanternon qui devait couronner la flèche était dores et deja assemblé dans la cour du chantier, prêt à être monté. L’an suivant on renvoya les architectes et on solda les comptes : le chantier en restera la !

Face à cette flèche inachevée les critiques redoubles. Quelques grandes plumes s’emparèrent du sujet comme Gustave Flaubert en 1857 dans Madame Bovary qui décrit « cette espèce de tuyau tronqué, de cage oblongue, de cheminée à jour, qui se hasarde si grotesquement sur la cathédrale comme la tentative extravagante de quelque chaudronnier fantaisiste. » Et plutôt que de demander la reprise des travaux et la pose des derniers éléments qui fourniront à la flèche l’élégance que nous lui connaissons aujourd’hui, certains commencèrent à en réclamer la démolition pure et simple. Ainsi Eugène Julien dans sa Chronique de Rouen écrit : « Au nom de l’art, du bon goût et du respect qu’on doit à un monument historique comme la cathédrale de Rouen, nous demandons que la démolition de cette flèche soit ordonné et qu’on lui substitue quelque chose de beau, de grandiose et d’artistique digne enfin de notre cathédrale.« 

Il faudra attendre 1868 et l’insistance du Conseil Municipal, du Conseil d’Arrondissement, du Conseil Général et de l’Archevêché auprès de Napoléon III pour voir la reprise du chantier et ce malgré l’opposition a peine cachée de Viollet le Duc qui tenta d’empêcher cette reprise en réclamant de nouveaux calculs sur la solidité de la Tour Lanterne…

A nouveau interrompus par la guerre de 1870, les travaux reprirent suite à la visite du président Mac Mahon à Rouen en 1875. Soutenu par le chanoine Louis Robert, architecte de formation, le Cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, avait en effet interpellé le président par ces mots : « Nous ne pouvons nous dispenser d’appeler votre sollicitude sur la situation. Depuis 27 ans, les travaux entrepris pour réparer un grand désastre sont interrompus…« 

L’achèvement du chantier fut confié à l’architecte Barthélémy (après qu’on eu une quatrièmement fois refait les calculs d’Alavoine sur la solidité de la construction !) Les travaux reprirent le 1er mars 1876 et s’achevèrent dés le 29 septembre… 28 ans d’attente pour moins de 7 mois de travaux ! La nouvelle flèche culmine à plus de 151m au dessus du sol. La Cathédrale de Rouen est alors le plus haut monument au monde ! Elle le restera jusqu’en 1880, date à laquelle La Cathédrale de Collogne lui ravit le titre pour 6m de plus.

Barthélemy proposa de parfaire l’ensemble par l’ajout de quatre clochetons pour encadrer la flèche. Il s’adjoint pour cette tache le ferronnier Ferdinand Marrou. Le premier clocheton fut posé en 1881. Malgré la mort de Barthélemy en 1882, le chantier se termina en 1884.

L’achèvement des travaux emporta l’adhésion des rouennais et fit taire les dernières critiques… Pas toutes ! En 1885 Guy de Maupassant dans Bel-Ami note que « la flèche aigüe de la cathédrale, cette surprenante aiguille de bronze était laide, étrange, démesurée, la plus haute qui soit au monde. »

En 1980-1981 une importante campagne de travaux de consolidation de la flèche a eu lieu. Bien qu’elle soit préconisée, la reprise des fixations des clochetons n’a pas eu lieu. Malheureusement en 1999, la tempête du 26 décembre emporta le clocheton nord-est. Les trois autres furent déposés en 2010 et à l’issu d’une nouvelle campagne de travaux, la flèche retrouva, fin 2012, l’aspect qu’elle avait difficilement obtenu en 1884.

.

Trouver d’autres CPA de la Cathédrale sur Delcampe.

Publié dans Cathédrale | Pas de Commentaire »

12
 

Pépé à la guerre Mémé à l&#... |
Quatriemea |
L'histoire et les lége... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mesfanfic1
| Timzeer
| Pierrelesoumis